En bref
Sur un bois de structure, il s’agit de mérule jusqu’à preuve du contraire. La déclaration en mairie est obligatoire dès qu’elle est connue (article L133-7 du code de la construction et de l’habitation). Aucun traitement curatif non destructeur n’existe : les éléments atteints sont déposés et les maçonneries brûlées jusqu’à 1 m au-delà. La cause est l’humidité, sans ventilation.
Un champignon sur du bois d’un bâtiment se traite par une cote, 1 m au-delà de la zone atteinte, et par une obligation, la déclaration en mairie. Suivent les signes, ce qui se dépose et se brûle, qui intervient, puis la prévention.
La cote et l’obligation
Les maçonneries atteintes se brûlent, avec celles situées 1 m au-delà de la zone infestée : c’est la cote donnée par la fédération du bâtiment pour la mérule. Aucun traitement curatif non destructeur n’existe, selon la même fiche : l’infestation touche la structure même du bâtiment.
L’obligation est légale. Dès qu’il a connaissance de la présence de mérule dans un immeuble, l’occupant la déclare en mairie ; à défaut d’occupant, c’est au propriétaire de le faire (article L133-7 du code de la construction et de l’habitation). Dans une zone délimitée par arrêté préfectoral, la vente impose aussi d’informer l’acquéreur du risque de mérule (articles L133-8 et L133-9).
Reconnaître un champignon lignivore
La mérule est un champignon lignivore : il dégrade la cellulose du bois. Le bois attaqué devient sec, friable et cassant, d’après la direction départementale des territoires de l’Ain. Quatre signes la révèlent :
- un bois qui s’effrite sous un outil, alors qu’il paraît sain en surface ;
- un voile blanc grisâtre à l’ombre, qui devient rouge rouille à la lumière ;
- une pièce sans ventilation, avec une humidité régulière ;
- un endroit invisible, derrière une plinthe, sous un plancher ou dans un coffrage.
Elle apparaît quand obscurité, chaleur et humidité se combinent, souvent après un dégât des eaux. C’est ce qui la rend dangereuse : elle est souvent découverte trop tard.
Ce qui se dépose, ce qui se brûle
La fiche professionnelle décrit l’ordre : déposer d’abord tous les éléments atteints, plinthes, plaques de plâtre, plancher, encadrements de porte, puis brûler les maçonneries atteintes et celles situées 1 m au-delà. La vidéo ci-dessous montre un foyer limité, avec le mycélium blanc grisâtre, la dépose de l’isolant sous le plancher et un produit spécifique réglementé pour les particuliers, appliqué avec gants, masque et lunettes.
Cette méthode vaut pour un foyer limité. Elle ne remplace pas la règle de la fiche : pas de traitement curatif non destructeur sur une structure atteinte.
Qui intervient
| Intervenant | Rôle | Repère |
|---|---|---|
| Expert en état parasitaire | Pose le diagnostic précis et détaillé, sans offre de traitement | Certification FCBA CTB E+ |
| Entreprise de traitement | Dépose, traite, expertise parfois aussi | Qualification Qualibat 1532 |
| Particulier | Déclare en mairie, supprime la cause, fait appel aux deux précédents | Produits préventifs certifiés CTB P+ |
Les professionnels qui traitent doivent détenir le certificat Certibiocide, obligatoire depuis le 1er juillet 2015. Le particulier ne manipule qu’un produit réglementé et se protège.
Sur un meuble ou du bois extérieur
Un champignon sur un meuble, du bois de chauffage ou un cabanon ne relève pas de la déclaration en mairie, qui concerne un immeuble bâti. La cause est la même : une humidité qui dure. Le bois se sèche, se ventile et se range hors du sol humide, et le bois très atteint se remplace plutôt que de se traiter.
Un champignon sur une poutre, un plancher ou une charpente se déclare en mairie dès qu’il est connu. Attendre pour traiter d’abord n’est pas une option : l’obligation court dès la connaissance, pas dès la fin des travaux.
Prévenir : ventilation et fuites
La prévention tient en deux gestes : assurer une bonne ventilation du logement et supprimer les apports d’eau, fuites comprises. Où est l’humidité qui nourrit ce bois : une fuite, un mur froid, une pièce fermée ? Cette vérification précède tout produit. Le même raisonnement s’applique aux insectes, décrits dans l’article sur l’insecte dans le bois : comment l’identifier et quand traiter.
La déclaration à l’assurance habitation, selon les termes du contrat, est distincte de la déclaration en mairie, qui est une obligation légale à part.
Sources
- FFB, Union des métiers du bois, « Ce qu’il faut faire en cas de mérule »
- Direction départementale des territoires de l’Ain, fiche mérule
- Code de la construction et de l’habitation, articles L133-7 à L133-9 et L271-4

